 |
Gog et Magog,
êtres mystérieux que la Bible
représente comme rois de peuples de géants,
ennemis d'Israël, et que l'on interprétera comme les précurseurs
de l'Antéchrist. L'Apocalypse
de Jean décrit une crise formidable, où
Satan
marchera contre les élus de Dieu en se mettant
à la tête de toutes les nations, résumées sous
les noms de «-Gog et Magog
»
(XX, 7-8). Ce trait est emprunté, non sans quelque altération,
à une curieuse prophétie d'Ezéchiel
(chap. XXXVIII et XXXIX) qui montre un prince du nom de Gog, au pays de
Magog, se mettant à la tête d'une coalition des peuples du
Nord contre le judaïsme restauré.
L'écrivain hébreu désignait visiblement par là
les populations barbares, que les anciens Grecs
appellent les Scythes.
-
Les
Géants de Guildhall : Gogmagog et Corineus.
Détruites
lors des bombardements de la Seconde guerre mondiale, les statues de ces
géants
sont
aujourd'hui remplacés par des copies. Ce sont les protecteurs mythiques
de Londres,
supposés
avoir défendu la ville de de l'invasion des îles Britanniques
par Brutus et les Troyens.
-
Les indications des livres bibliques préoccupèrent
l'imagination des exégètes chrétiens
du Moyen âge
et même plus tardifs, qui les appliquaient volontiers aux invasions
des peuples asiatiques, notamment à l'invasion des Hongrois ( Ogre).
Ils y voyaient le prélude des scènes du Jugement
dernier. C'est sans doute à cette légende qu'il faut
rapporter l'origine des deux curieuses figures de guerriers (peut-être
saxons) placées à Londres devant
la porte du Guildhall ( F.. W. Fairholt,
Gog and Magog, the Giants in Guildhall, 1859), et que nous reproduisons
ci-dessus. (M. Vernes).
Gog.
Gog (hébreu
: Gôg; Septante : Goug;, I Par., v, 4; Gôg,
Ezech,
XXXVIII, 2, 3, 14, 16, 18; XXXIX, 1, 11, 13) est le nom d'un descendant
de Ruben ( mentionné seulement I Par., V, 4.) et d'un roi, roi dont
il est question dans une célèbre et difficile prophétie
d'Ezéchiel ,
XXXVIII, XXXIV, et dans l'Apocalypse ,
XX, 7.
Gog habitait la terre de Magog, et est
appelé « prince de Rösh (Vulgate : caput; Septante
: Rôs), de Mosoch et de Thuhal », c'est-à-dire
des Scythes, des Mosques et des Tibaréniens. Ezech., XXXVIII.
2; XXXIX.
Quelques auteurs ont que le nom de Gog
a été arbitrairement formé par le prophète
d'après le nom du pays, Magog ( Keil,
Der
Prophet Ezechiel, Leipzig, 1882, p. 372; Trochon, Ezéchiel,
Paris, 1880, p. 261). Mais il se trouve dans les généalogies
bibliques, I Par., v, 1, et dans les inscriptions cunéiformes.
On rapproche, en effet, ce nom de celui d'un roi de Lydie ,
Gygès,
en assyrien : Gu-gu, Gu-ug-gu ( .
E. Schrader, Die Keilinschriften und das Alte Testament, Giessen,
1883, p. 127). D'autres auteurs ont supposé que c'est un titre comme
celui de pharaon, désignant d'une façon générale
la dignité royale : Kuk, Khon, King, König (
Le Hir,
Les trois grands prophètes, Paris, 1877, p. 346).
F. Lenormant (Les origines de l'histoire,
Paris, 1882, t. II, p. 461) n'hésite même pas à reconnaître
Gog dans le Gâgu bel er Sa'hi. « Gôg, chef des Saces
ou Scythes, » qui figure dans les récits des guerres d'Assurbanipal.
«
Dans les dernières années du VIIe
siècle avant J.-C., les Scythes
avaient fait dans l'Asie occidentale une invasion formidable qui avait
rendu leur nom redouté et exécré. Chassés des
montagnes du Caucase, qu'ils habitaient, par les Massagètes, ils
étaient descendus dans l'Asie-Mineure; armés de l'arc et
montés sur des chevaux, comme nous les représente Ezéchiel,
XXXIX, 3, et XXXVIII, 13. ils avaient pris Sardes; puis, se tournant vers
la Médie, ils défirent Cyaxare, roi de ce pays; de là
ils se dirigèrent vers l'Egypte .
Psammétique
parvint à les éloigner, à force de présents;
revenant donc sur leurs pas, ils pillèrent le temple d'Ascalon ;
mais ils furent enfin battus et détruits, non pas cependant sans
laisser leur nom après eux comme un synonyme de terreur et d'épouvante.
La tradition rattache le nom de Scythopolis, l'ancienne Bethsan, à
la scène de leur désastre. Le souvenir de leurs ravages et
de leurs cruautés était encore récent et présent
à toutes les mémoires quand écrivait Ézéchiel;
voilà pourquoi Dieu lui inspira de prendre les Scythes comme l'emblème
de la violence contre le peuple de Dieu et de montrer dans leur défaite
le signe prophétique de la défaite de tous les ennemis de
son nom. » (F. Vigouroux, Manuel biblique, 10e édit.,
Paris, 1896, t. II, p. 715).
Le prophète Ezéchiel nous représente
Gog réunissant une armée formidable dans laquelle on voit
des Perses, des Éthiopiens,
des Libyens, des Cimmériens et
des Arméniens ,
puis, sur l'ordre de Dieu, la conduisant du nord contre la Palestine .
Ezech.,
XXXVIII, 1-9. Le but de l'envahisseur est de dévaster la Terre-Sainte
redevenue prospère. v. 10-16. Mais Dieu, pour montrer aux païens
quelle est sa puissance, anéantira tous ces barbares, v. 17-23,
qui périront sur les montagnes d'lsraël. XXXIX, 1-8. Les bêtes
fauves et les oiseaux de proie se rassasieront de la chair des morts. v.
9-20. La victoire de Yahveh contribuera ainsi
à procurer la gloire de son nom parmi les gentils; car s'il a puni
son peuple, parce qu'il avait péché, il est maintenant réconcilié
avec lui pour ne plus l'abandonner. v. 21-29. (A. Legendre).
Magog.
Magog (hébreu : Mâgôg;
Septante : Magôg), fils de Japhet,
Il est nommé entre Gomer, qu'on regarde généralement
comme désignant les Cimmériens, et Madaï, c'est-à-dire
les Mèdes. Gen., X, 2; I Par., 1, 5.
Dans Ezéchiel ,
XXXVIII, 2, on vient de le voir, Gog est roi de Magog. Dieu doit envoyer,
le feu au pays de Magog, Ezech., XXXIX, 6. Josèphe,
Ant.
Jud., I VI, 1, et saint Jérôme, In Ezech, l. XI, 1. xxv, col.
356, traduisent Magog par Scythes. Mais
ce mot dans le langage des anciens est à peu près aussi vague
que Magog (on sait que le nom de Scythes était autrefois fort étendu,
et qu'il comprenait les Gètes , les Goths
, les Sarmates, les Saces , les Massagètes et plusieurs autres peuples),
si ce n'est qu'il désigne les peuples situés au nord et à
l'est du Pont-Euxin, Magog serait donc un peuple du nord. Saint Ambroise
a cru ainsi que Gog et Magog désignaient les Goths, qui ravagèrent
l'Empire romain aux Ve
et VIe siècles.
D'autre part nous savons que les Scythes
avaient fait, à la fin du VIIe siècle
avant J.-C., une formidable invasion en Asie Mineure. Descendus des montagnes
du Caucase, ils s'étaient emparés de Sardes, puis de la Médie ,
avaient battu Cyaxare, roi des Mèdes,
et s'étaient dirigés vers l'Egypte .
Psammétique
Ier était
parvenu à les éloigner â force de présents.
Revenant sur leurs pas, ils avaient pillé le temple d'Ascalon, puis
avaient été battus et détruits, laissant après
eux le souvenir de leurs dévastations ( F.
Vigouroux, Manuel biblique, 11e
édit., t. II, p. 718; G. Maspero, Histoire
ancienne, t. III, 1899, p. 350-356, 471-476, 480).
Magog peut donc désigner, dans l'esprit
des rédacteurs du texte, les Scythes établis en Asie, comme
Gomer les établissements des Cimmériens dans cette même
région.
Dans l'Apocalypse ,
XX, 7, Magog est cité avec Gog dans un autre sens. A la fin
du monde, Satan sortira de la prison où
il aura été renfermé pendant mille ans, pour séduire
les nations qui sont aux quatre coins de la terre Gog et Magog, afin de
les rassembler pour la guerre. Gog et Magog désigneraint ainsi
tous les ennemis de l'Eglise en général, et en particulier
les suppôts de l'Antechrist. Gog et
Magog sont en quelque sorte passés en proverbe, pour désigner
des ennemis nombreux, puissants, cruels, barbares, infidèles , ennemis
de Dieu et de son culte. (F. Beurlier).
Votre site dans 20 000 annuaires ! |
|
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire