30 décembre 1311..." Lettres du roi Philippe le Bel convoquant les consuls de Périgueux pour le jugement des Templiers".
(Archives de la ville de Périgueux, Série AA, article 10)
Philippe, par la grâce de Dieu roi de France, à nos chers et fidèles
consuls de Périgueux, salut et dilection. Sachez que la perfidie des
Templiers qui dure depuis si longtemps, a été révélée par la volonté de
Dieu plutôt que par celle des hommes en cette époque terrible, et placée
dans en pleine lumière, autant contre eux que contre leur ordre abject ,
si on peut employer le mot « ordre » alors qu’il ne s’agit pas d’un
ordre respectable mais d’une secte condamnable, d’un collège
d’hérétiques de toute évidence indigne, une secte comme il n’en fut
jamais, parmi les autres sectes d’hérétiques du même genre, de plus
dépravée ni d’aussi dangereuse que celle-là. Sous couleur de religion,
ils confessent au dehors le Christ et sa foi et blasphèment sa majesté
divine au dedans, niant le Christ, crachant sur lui, proférant
d’abominables insultes ; ils souillent ignominieusement le sein de notre
mère l’Eglise et soutirent son lait bien qu’issu de l’imposture d’un
enfantement illégitime ; ils s’emparent des biens collectés pour eux par
les catholiques en faveur de la Terre Sainte, et, feignant de les
affecter à ce saint usage, ils les utilisent hypocritement au profit de
leur hérésie, trahissant ainsi l’Eglise de Dieu, nous-mêmes et nos
enfants. Aujourd’hui, selon le décret du Seigneur, leur turpitude est
révélée, et ceci non seulement dans notre royaume mais dans les autres,
mise en pleine lumière, si l’on peut parler ici de lumière. S’ils
n’avaient pas feint d’être catholiques, ils n’auraient pas pu durer
aussi longtemps ni bénéficier ainsi des biens des catholiques et de
cette réputation dans le monde dont, dignes suivants de leur maître
Satan, ils se prévalaient auprès des grands de ce monde. Aujourd’hui
donc le temps est venu d’extirper, au cours de ce concile général, ce
funeste surgeon jusqu’à la racine afin que, une fois cette abomination
retranchée du sein de l’Eglise de Dieu, l’affaire de la Terre sainte,
qui ne pourrait pas véritablement prospérer autrement, puisse être prise
en mains fermement par nous et les autres catholiques, avec l’aide de
Dieu et de l’Eglise, et amenée à la fin désirée, à savoir l’instauration
et l’affermissement de la foi catholique et divine. Pour cette raison
et pour d’autres qui tiennent au bien de l’Eglise de Dieu et de notre
royaume, laissons là les affaires du monde, si urgentes et importantes
soient-elles, et même si elles exigent notre présence, et hâtons-nous de
venir à ce concile. Et parce que cette affaire concerne tous les
catholiques et spécialement ceux du royaume de France dont on sait qu'il
a été dévoué tout particulièrement par la grâce de Dieu à la défense de
la foi catholique, nous en appelons à la sincérité de votre attachement
au Seigneur et nous vous enjoignons, par la foi qui nous unit, en
hommes éprouvés dans la sincérité de la foi catholique, soit d’être
présents en personne soit d’envoyer des représentants officiels à Lyon
le huitième jour après la Purification de la Vierge Marie, où pour notre
part nous avons l’intention de nous rendre, afin d’apporter tout mon
appui à cette affaire qui concerne Jésus-Christ, d’en organiser et d’en
régler le cours de la meilleure façon possible, pour Dieu et afin que
nous soyons toujours dignes de ce nom honorable de « défenseur de la foi
» que Dieu a donné à notre royaume.
Donné à Poissy, l’avant-dernier jour de décembre, l’an du Seigneur 1311...
(Archives de la ville de Périgueux, Série AA, article 10)
Philippe, par la grâce de Dieu roi de France, à nos chers et fidèles consuls de Périgueux, salut et dilection. Sachez que la perfidie des Templiers qui dure depuis si longtemps, a été révélée par la volonté de Dieu plutôt que par celle des hommes en cette époque terrible, et placée dans en pleine lumière, autant contre eux que contre leur ordre abject , si on peut employer le mot « ordre » alors qu’il ne s’agit pas d’un ordre respectable mais d’une secte condamnable, d’un collège d’hérétiques de toute évidence indigne, une secte comme il n’en fut jamais, parmi les autres sectes d’hérétiques du même genre, de plus dépravée ni d’aussi dangereuse que celle-là. Sous couleur de religion, ils confessent au dehors le Christ et sa foi et blasphèment sa majesté divine au dedans, niant le Christ, crachant sur lui, proférant d’abominables insultes ; ils souillent ignominieusement le sein de notre mère l’Eglise et soutirent son lait bien qu’issu de l’imposture d’un enfantement illégitime ; ils s’emparent des biens collectés pour eux par les catholiques en faveur de la Terre Sainte, et, feignant de les affecter à ce saint usage, ils les utilisent hypocritement au profit de leur hérésie, trahissant ainsi l’Eglise de Dieu, nous-mêmes et nos enfants. Aujourd’hui, selon le décret du Seigneur, leur turpitude est révélée, et ceci non seulement dans notre royaume mais dans les autres, mise en pleine lumière, si l’on peut parler ici de lumière. S’ils n’avaient pas feint d’être catholiques, ils n’auraient pas pu durer aussi longtemps ni bénéficier ainsi des biens des catholiques et de cette réputation dans le monde dont, dignes suivants de leur maître Satan, ils se prévalaient auprès des grands de ce monde. Aujourd’hui donc le temps est venu d’extirper, au cours de ce concile général, ce funeste surgeon jusqu’à la racine afin que, une fois cette abomination retranchée du sein de l’Eglise de Dieu, l’affaire de la Terre sainte, qui ne pourrait pas véritablement prospérer autrement, puisse être prise en mains fermement par nous et les autres catholiques, avec l’aide de Dieu et de l’Eglise, et amenée à la fin désirée, à savoir l’instauration et l’affermissement de la foi catholique et divine. Pour cette raison et pour d’autres qui tiennent au bien de l’Eglise de Dieu et de notre royaume, laissons là les affaires du monde, si urgentes et importantes soient-elles, et même si elles exigent notre présence, et hâtons-nous de venir à ce concile. Et parce que cette affaire concerne tous les catholiques et spécialement ceux du royaume de France dont on sait qu'il a été dévoué tout particulièrement par la grâce de Dieu à la défense de la foi catholique, nous en appelons à la sincérité de votre attachement au Seigneur et nous vous enjoignons, par la foi qui nous unit, en hommes éprouvés dans la sincérité de la foi catholique, soit d’être présents en personne soit d’envoyer des représentants officiels à Lyon le huitième jour après la Purification de la Vierge Marie, où pour notre part nous avons l’intention de nous rendre, afin d’apporter tout mon appui à cette affaire qui concerne Jésus-Christ, d’en organiser et d’en régler le cours de la meilleure façon possible, pour Dieu et afin que nous soyons toujours dignes de ce nom honorable de « défenseur de la foi » que Dieu a donné à notre royaume.
Donné à Poissy, l’avant-dernier jour de décembre, l’an du Seigneur 1311...
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